3 september 2026
75 ans à apprendre ensemble : Connecter dans l’enseignement : construire des ponts dans un monde en mutation
L’enseignement n’est pas un ilot. C’est un écosystème où différentes personnes et organisations se rencontrent et collaborent. On y trouve des élèves et des enseignants, des directions, des parents, des partenaires externes et la société en général. À une époque où les élèves sont constamment exposés à des stimuli numériques, où la diversité en classe augmente et où les attentes envers l’éducation évoluent, connecter est peut-être le défi majeur de notre temps.
Mais comment créer cette connexion ? Et à quels niveaux ces interactions doivent-elles se développer pour rendre possible un enseignement de qualité ? Dans le cadre des « 75 ans à apprendre ensemble », nous avons réuni trois experts de l’éducation qui se concentrent sur ces connexions : Davy Mortier, formateur d’enseignants, Jacques Goedgebeur, professeur d’économie retraité, et Léonard Daniëls, responsable des solutions d’apprentissage chez Plantyn.
Une connexion à trois niveaux
La discussion commence par une analyse claire de Jacques Goedgebeur : « Au sein de l’école, cette connexion doit exister à trois niveaux : entre enseignants et élèves, entre enseignants et direction, et entre direction et élèves. »
Derrière cette classification simple se cache un message important : les écoles solides construisent délibérément des relations. À chaque niveau, la confiance, la communication ouverte et l’engagement constituent la base d’un enseignement de qualité.
« La connexion entre enseignant et élève semble la plus évidente, explique Davy Mortier. Pourtant, dans la pratique, elle n’est pas toujours facile. Les élèves reçoivent énormément de stimuli extérieurs dans une société de plus en plus complexe. »
Léonard Daniëls partage entièrement cet avis : « Lorsque nous développons de nouveaux supports pédagogiques, nous estimons qu’il est important que leur contenu corresponde aux centres d’intérêt des élèves. »
La collaboration entre enseignants et direction est également un pilier essentiel d’une culture scolaire forte. Lorsque les enseignants se sentent écoutés, valorisés et soutenus, leur engagement grandit. Parallèlement, un dialogue ouvert permet aux directions de mieux comprendre la réalité du terrain. Cela crée une confiance mutuelle et favorise une coopération qui soutient un enseignement de qualité.
Enfin, il y a le troisième niveau : la direction et les élèves. En restant à l’écoute de ce que vivent les élèves, la direction peut mieux répondre à leurs besoins et à leurs attentes.
Ces trois types de connexions forment ensemble le réseau qui permet d’assurer un enseignement de qualité. Si un maillon se brise, c’est l’ensemble qui en subit les conséquences.
Le défi de la motivation
L’une des questions les plus fondamentales de l’échange est posée par Davy : « Comment motiver les élèves ? Comment leur présenter la matière ? Comment établir le lien entre ce qu’ils veulent savoir et ce qu’ils doivent savoir ou savoir-faire ? ».
Ces trois questions résument à elles seules le défi auquel chaque enseignant est confronté au quotidien. Les élèves grandissent dans un monde de satisfaction immédiate. Ils sont habitués aux réponses rapides, aux sollicitations visuelles permanentes, à l’interactivité et aux outils numériques. Et pourtant, en classe, on leur demande de rester concentrés sur un cours, un livre ou un exercice.
« C’est exact », renchérit Léonard. « Nous devons apprendre à composer avec un environnement technologique toujours plus complexe. Cela demande un effort collectif, pour continuer à apprendre et évoluer ensemble. »
Selon Davy, la question centrale pour les enseignants est la manière de motiver les élèves et de présenter la matière de manière à capter l’intérêt des élèves. Il ne s’agit plus seulement de dire « tu dois apprendre ceci parce que c’est au programme », mais plutôt « voici pourquoi cela peut être intéressant pour toi ».
Cette articulation entre ce que l’on veut et ce que l’on doit apprendre est au cœur de la pédagogie moderne. Il ne s’agit pas d’abaisser les exigences ni de simplifier les programmes scolaires. Il s’agit de leur donner du sens. De montrer aux élèves pourquoi quelque chose est important. En quoi cela s’inscrit dans leur vie de tous les jours. Ce qu’ils peuvent en faire.
Au lieu de dire « vous devez apprendre cela », il est plus pertinent de leur montrer comment ces connaissances peuvent les aider. Comment ils peuvent les mettre en pratique dans leur vie quotidienne. Comment cela les rend plus forts. C’est cela qui crée un lien entre le contenu pédagogique et l’élève.
L’évolution de la formation des enseignants
Davy, actif dans la formation des enseignants, explique comment celle-ci évolue : « Nous essayons de former les futurs enseignants de la manière la plus complète possible, afin qu’ils puissent répondre aux besoins de leurs élèves. Il ne s’agit plus seulement de maîtriser une discipline, mais aussi de développer des compétences relationnelles, d’apprendre à gérer la diversité et de faire évoluer les pratiques de gestion de classe. »
Ce changement reflète l’évolution du rôle de l’enseignant. Autrefois l’accent était mis principalement sur la maîtrise des savoirs et de la didactique. Aujourd’hui, les enseignants doivent aussi être capables de créer des liens : avec leurs élèves, leurs collègues, les parents et la direction de leur établissement.
« On observe une évolution claire dans les attentes envers la formation des enseignants, conclut Davy. Les élèves sont aujourd’hui soumis à une telle quantité de stimuli qu’il devient difficile de créer, durant une séance de cinquante minutes, un climat de calme et de concentration propice à l’apprentissage. »
Que pouvons-nous en retenir ?
S’il y a une leçon à tirer de cet échange, c’est que la relation de confiance n’est pas un simple complément d’un enseignement de qualité. Elle en est le fondement. Sans interaction, l’enseignement se réduit à une transmission de connaissances. Avec une véritable connexion, il devient une expérience capable de transformer des parcours de vie.
Cela suppose plusieurs conditions : des enseignants conscients que leur métier ne consiste pas uniquement à transmettre des savoirs, mais aussi à créer des liens, à connecter ; des directions qui investissent dans la collaboration avec leurs équipes et avec leurs élèves ; des écoles qui favorisent les échanges entre collègues.
Car ce n’est qu’ensemble que nous pouvons offrir à cette génération l’enseignement qu’elle mérite. Ensemble que nous pouvons faire face à la complexité de notre époque. Ensemble que nous pouvons jeter des ponts entre ce que les élèves veulent et ce qu’ils doivent savoir. Ensemble que nous pouvons créer des passerelles dans ce monde complexe.
En fin de compte, une bonne relation entre l’école et les élèves, à tous les niveaux, permet aux enfants de s’épanouir. Connecter n’est pas un luxe. C’est une nécessité.
Et heureusement, de nombreuses écoles et de nombreux enseignants l’ont bien compris. Chaque jour, ils construisent des ponts entre les élèves et les apprentissages, entre les collègues, entre tous les niveaux de l’organisation. Parce qu’ils savent que l’enseignement est avant tout un travail d’équipe.
Car ce n’est qu’ensemble que nous faisons la différence.
Curieux de découvrir l’intégralité de la discussion ?
Cet article fait partie de la série vidéo « 75 ans à apprendre ensemble » de Plantyn. Découvrez l’intégralité de la discussion consacrée à l’innovation sur https://www.plantyn.com/fr-BE/75ans


