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7 mai 2026

Retour à l’essentiel : Piet Desmet parle de politique intelligente et de l’enseignement de qualité | EduSpark 2025

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De nombreuses écoles le constatent : une politique pour l’éducation arrive avec de fortes ambitions et des plans bien élaborés. Dans la pratique, ces plans se heurtent souvent à la réalité de la classe : contrainte de temps, attentes multiples et obligations administratives. La vision initiale passe alors parfois au second plan.

Lors d’EduSpark 2025, Piet Desmet a précisément mis en lumière ce défi. Il a posé une question centrale : comment faire en sorte que les bonnes idées soient réellement mises en œuvre, sans perdre en chemin ce qui est vraiment important ?

Les données comme point de départ

Piet Desmet a commencé son intervention non pas par une vision ou une stratégie, mais par les données. Il ne s’agissait pas uniquement de chiffres et de graphiques, mais aussi de signaux provenant de la société, du monde de l’éducation et de la recherche scientifique. À partir de ces trois sources, il a dressé le contexte dans lequel l’enseignement fonctionne aujourd’hui.

Ce contexte est sous pression. L’enseignement est de plus en plus confronté à la standardisation, au suivi permanent et à la judiciarisation. À cela s’ajoutent une charge administrative croissante et une image négative persistante du métier d’enseignant. Tout cela donne à de nombreux enseignants le sentiment de devoir constamment répondre à des attentes multiples.

Deux grands défis

Selon Desmet, deux grands thèmes occupent aujourd’hui presque toutes les écoles : la diversité et la numérisation.

Concernant la diversité, il a été clair : ce n’est pas un thème secondaire, mais une réalité structurelle. La question est de savoir comment les écoles concrétisent l’inclusion dans la classe, dans les parcours d’apprentissage et dans l’évaluation.

La numérisation exige également une approche réfléchie. La technologie ne devient réellement utile que lorsqu’elle fait plus que reproduire numériquement des méthodes existantes. Dans ce contexte, Desmet a fait référence au modèle SAMR : la substitution (une version numérique de quelque chose qui existait déjà) et l’augmentation (une amélioration limitée). Beaucoup d’écoles ont désormais dépassé ces étapes.

La véritable valeur ajoutée se situe dans la modification et la redéfinition : utiliser la technologie pour rendre possibles de nouvelles expériences d’apprentissage qui seraient difficiles ou impossibles sans elle. La numérisation ne doit donc pas seulement remplacer des processus, mais aussi transformer l’apprentissage.

L’humain reste au centre

Cependant, son intervention ne portait pas sur la technologie, mais sur les personnes. Desmet a insisté à plusieurs reprises sur l’importance de l’enseignant et de sa motivation.

Selon lui, trois facteurs sont essentiels pour une motivation durable : l’autonomie, l’implication et le sentiment de compétence. Lorsque ces éléments sont fragilisés, les bases mêmes d’un enseignement de qualité sont également menacées. L’innovation ne peut fonctionner que si elle soutient les enseignants, et non si elle leur impose une charge supplémentaire.

Il a également plaidé pour une revalorisation de l’enseignement explicite en classe. Dans les discussions autour de l’apprentissage actif, on a parfois l’impression que le rôle de l’enseignant devrait diminuer. Desmet a affirmé clairement que l’enseignement explicite reste une approche didactique importante et efficace. Des explications claires, l’interaction et un accompagnement ciblé demeurent des éléments cruciaux d’un enseignement de qualité.

Expertise professionnelle et maîtrise

Selon Desmet, un enseignement de qualité nécessite aussi une solide expertise professionnelle. Celle-ci repose sur trois composantes : les connaissances disciplinaires, la didactique de la discipline et la gestion de classe. Les enseignants doivent savoir ce qu’ils enseignent, comment le transmettre au mieux et comment accompagner efficacement leur classe.

Enseigner n’est donc pas une tâche secondaire, mais le cœur même de l’éducation.

Un fil conducteur important de son intervention était la notion de maîtrise, surtout dans le domaine numérique. Selon Desmet, cette expertise doit rester entre les mains des enseignants eux-mêmes. Ils doivent pouvoir porter un regard critique sur les différents outils pédagogiques, qu’ils soient commerciaux ou non, et faire des choix réfléchis.

La collaboration est également essentielle. En partageant leurs connaissances et leurs expériences, les écoles peuvent se renforcer mutuellement. Desmet a donc plaidé pour davantage d’échanges entre écoles et enseignants.

Que retenir ?

Desmet n’a pas présenté de plan d’action clé en main, mais une direction claire. Une politique éducative efficace part de ce qui se passe réellement dans la classe.

Un enseignement solide utilise la technologie non pas pour remplacer les enseignants, mais pour soutenir et renforcer leur travail. Ils peuvent ainsi mieux accompagner les élèves dans leur processus d’apprentissage.

Cela demande des choix clairs et un espace professionnel.

Et cette maîtrise appartient à l’enseignant.

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EduSpark est le congrès éducatif inspirant en Flandre où décideurs politiques et experts de l’enseignement se réunissent pour partager idées et perspectives.

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